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Droit des femmes

Âgisme

âgisme

Définition

Le gérontologue Robert Butler créa le concept d’âgisme, en 1969, pour désigner les discriminations envers les personnes âgées. Aujourd’hui, ce terme est employé quelque soit l’âge de la personne discriminée.

Dans nos sociétés occidentales, on observe une grande valorisation de la jeunesse. Cela va de pair avec une peur du vieillissement qui est souvent associée à la maladie, l’inutilité et l’incapacité.

Toutefois, les personnes jeunes peuvent également être discriminées pour leur âge. L’exemple récent des commentaires de députés français sur la venue de la jeune militante écologiste Greta Thunberg le prouve. Du fait de son jeune âge, elle-ci serait forcément illégitime ou manipulée.

« Ne comptez pas sur moi pour applaudir une prophétesse en culottes courtes, prix Nobel de la peur. » Julien Aubert, député LR.

« On ne me forcera pas à aller m’agenouiller, à aller applaudir la Justin Bieber de l’écologie, une espèce de créature médiatique qui va énoncer des banalités. » Sébastien Chenu, député RN

Conséquences 

L’âgisme peut se faire au niveau institutionnel ou personnel. En effet, il est souvent systématique et inconscient dans nos paroles, nos gestes, les publicités ou les médias.

Âgisme et sexisme

L’âgisme et le sexisme sont liés, tous les deux dictent une certaine vision du corps des femmes, construite par le patriarcat. En effet, les femmes ont l’impératif de rester jeunes et désirables. Cette image de la femme belle et donc jeune est véhiculée par les médias, les produits culturels et les publicités. Ainsi, les vieilles femmes sont invisibilisées dans notre société.

Par ailleurs, Mona Chollet dans son livre Sorcières, la puissance invaincue des femmes, montre que les femmes âgées étaient une des principales cibles des chasses aux sorcières. Les femmes âgées ne sont plus censées avoir de désir sexuel, elles ne sont plus désirables ni utiles à la société car incapables de se reproduire.

A l’inverse, des femmes peuvent être désirables pour leur jeunesse. Elles sont alors objectifiées par ce statut.

« Je préfère le corps des femmes jeunes, c’est tout. Point. Je ne vais pas vous mentir. Un corps de femme de 25 ans, c’est extraordinaire. Le corps d’une femme de 50 ans n’est pas extraordinaire du tout ». Yann Moix au journal Marie-Claire, le 4 janvier 2019

Ainsi, les femmes sont prises entre deux feux. D’un côté elles ne doivent pas « en faire trop » et rester naturelles. Par exemple, les femmes âgées ayant eu recours à la chirurgie sont très souvent moquées. Les femmes sont censées s’accepter comme elles sont. D’un autre côté, le discours dominant pousse les femmes à paraître le plus jeune possible en luttant à coup de crèmes ou de teintures contre les effets de l’âge.

Comme l’explique l’autrice Laurence Rosier, Brigitte Macron est un bon exemple de cette dualité. En effet, son allure est appréciée mais son âge, son physique et sa relation avec un homme plus jeune sont critiqués.

Attention !

Attention aux reprises dangereuses de ce concept. Il peut être réutilisé pour justifier la pédocriminalité comme un acte anti-âgiste. 

 

Louise Delette

Références juridiques

  • Loi du 10 mai 2007 (anti-discriminations)

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