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Classisme

Classisme

Définition

Le classisme désigne toutes les formes de discriminations fondées sur l’appartenance à une classe sociale. 

Ces discriminations peuvent se faire selon différents critères: les vêtements, les loisirs, l’éducation (les diplômes, les langues parlées, la culture générale…), les réseaux, le lieu de résidence, la facilité à accéder à différents services (la justice, la santé…) etc.

Le classisme peut se cumuler avec d’autres formes de discriminations comme le sexisme ou le racisme

Il peut être inconscient. Un exemple simple : dans un commentaire Facebook,  cela peut être le fait de juger une personne ou d’invalider l’ensemble de sa réflexion en se basant sur ses fautes d’orthographe.

Ces discriminations peuvent également s’effectuer lors d’un entretien d’embauche, dans les services publics ou au niveau politique. Par exemple, de nombreux commentateurs politiques, ont mis en avant le mépris de classes du gouvernement français et de l’élite intellectuelle envers les gilets jaunes.

Ainsi, le statut social qu’une personne projette impacte le comportement du reste de la société envers elle.

Peut-on encore parler de classes sociales ?

Aujourd’hui encore, la société belge se divise en classes sociales. Ce qu’on appelle une classe sociale a bien changé depuis la définition de Karl Marx. La classe sociale ouvrière a laissé la place à une classe populaire tertiaire. La culture scolaire s’est diffusée au sein des milieux les plus pauvres.

Cependant, on continue d’observer une reproduction et un renforcement des inégalités économiques et sociales. Les pratiques culturelles, les choix de consommation, les revenus, les modes de vie sont très différents et inégalitaires au sein d’une même société.

Dans les années 1970-1980, les politiques annonçaient l’avènement d’une société de classes moyennes. En effet, on observe à cette époque une amélioration des niveaux de vie des ouvriers. Mais il s’agit en réalité d’une amélioration générale. Toutes les classes sociales sont concernées, les classes les plus aisées comprises. Il y a une hausse des emplois qualifiés mais également des emplois très peu qualifiés. Ainsi, l’écart de niveau de vie entre un ouvrier et cadre reste inchangé.

Par ailleurs, l’appartenance à une classe ne se joue pas qu’au niveau économique mais également par ce que le sociologue Pierre Bourdieu appelle le capital social (les relations) et le capital culturel (le langage, les connaissances, les objets culturels qu’on possède, les diplômes…)

Le capital culturel peut être converti en d’autres formes de capital (économique et social). Il permet d’accéder à plus de ressources et donc à renforcer les inégalités.

L’importance du capital culturel dans le classisme

Comme l’explique Max Avril sur le site Simonae,le mépris de classe se base sur cette différence de capital culturel”.

Ainsi, le capital culturel permettrait de justifier les inégalités entre les classes sociales. Selon cette logique, la culture des classes aisées et intellectuelles serait plus intelligente voire distinguée et justifierait leur place dominante dans la société. Mais ce sont ces classes qui maîtrisent les règles du jeu et définissent ce qui est légitime ou non.

Si certaines pratiques culturelles sont partagées par de nombreux groupes sociaux, on observe toujours un rejet des classes supérieures pour d’autres formes culturelles. Par exemple, pour certains styles de musique ou pour certaines chaînes de télévision.

Ainsi, selon la vidéo « Le classisme » de la chaîne Youtube Les Brutes, un homme déclarant faire de la voile ou écouter de la musique classique a 16% plus de chances d’obtenir un entretien d’embauche qu’un homme faisant du football ou écoutant de la country.

La capacité de diversifier ses goûts et pratiques culturelles (écouter de la musique classique et regarder du catch) est également un privilège des classes intellectuelles supérieures. Cela leur permet de faciliter les contacts avec la société et représente donc, là aussi, un avantage.

Conclusion

Ainsi, il est important de remettre en question ce qui serait légitime ou non d’aimer ou de connaître.

La journaliste française Nesrine Slaoui, ancienne étudiante à Sciences Po Grenoble dont le père est ouvrier et la mère femme de ménage, remet en question le concept de culture générale. Selon elle, la curiosité d’apprendre est de la culture générale. Pour elle, ce n’est donc pas un domaine réservé aux classes supérieures.

« Ainsi, il est important d’avoir conscience de la relativité des goûts et surtout des enjeux de pouvoir qui se trament derrière. Ce n’est pas grave d’avoir la culture de sa classe. En revanche, partir du principe que celleux qui ne l’ont pas ont tort ou ne font pas d’efforts, c’est du mépris de classe. » (Max Avril)

Louise Delette

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