Rapport d'activités 2024

Comme le montre le rapport d’activités, en 2024, Femmes de Droit a poursuivi sa mission : rendre le droit plus accessible, soutenir les femmes confrontées aux violences et porter une analyse féministe du système juridique.

Cette année a été intense. Elle a été marquée par de nombreuses actions de terrain, la publication de ressources juridiques, le développement de formations, la participation à plusieurs coalitions féministes et le renforcement du soutien juridique de première ligne.

Elle a aussi révélé plusieurs défis internes. En effet, la croissance de l’association a demandé plus de coordination, plus de clarté dans les rôles et une meilleure répartition des responsabilités.

Pour cette raison, l’année 2024 constitue une étape importante dans l’évolution de Femmes de Droit.

Rapport d'activités 2024

Une association féministe engagée pour l’accès aux droits

Depuis sa création, Femmes de Droit agit pour rendre le droit compréhensible et mobilisable. L’association travaille autour de trois axes principaux.

D’abord, elle diffuse de l’information juridique claire et accessible. Ensuite, elle propose un soutien juridique de première ligne aux femmes confrontées à des violences, à des discriminations ou à des injustices. Enfin, elle mène des actions militantes et politiques pour transformer les pratiques et les institutions.

En 2024, ces trois axes ont continué à guider l’ensemble des projets.

Ainsi, Femmes de Droit a renforcé son rôle d’actrice féministe, juridique et associative en Belgique.

Les chiffres clés de l’année 2024

L’année 2024 confirme l’importance du travail mené par l’association.

Femmes de Droit a notamment :

  • traité 1 042 demandes d’aide juridique ;
  • reçu 310 demandes par mail ;
  • répondu à 540 demandes par téléphone ;
  • accueilli 57 bénéficiaires dans ses bureaux ;
  • assuré 12 permanences juridiques à la Maison des Femmes de Schaerbeek ;
  • accompagné 67 bénéficiaires dans le cadre de ces permanences ;
  • atteint une moyenne mensuelle de 6 204 visiteur.euse.s uniques sur son site web ;
  • enrichi sa base de données Zotero, qui compte près de 4 000 références ;
  • lancé ou renforcé plusieurs formations en ligne ;
  • participé à plusieurs coalitions féministes nationales.

Ces chiffres montrent une chose essentielle : les besoins restent nombreux. Ils montrent aussi que l’accès au droit demeure un enjeu majeur pour les femmes et les personnes confrontées aux violences.

Un soutien juridique toujours essentiel

En 2024, Femmes de Droit a poursuivi son travail de soutien juridique. Ce soutien vise à aider les bénéficiaires à comprendre leurs droits, à identifier leurs options et à reprendre du pouvoir sur leurs démarches.

Les demandes ont principalement concerné :

  • le droit civil, notamment les séparations, divorces, gardes d’enfants et contributions alimentaires ;
  • le droit pénal, en particulier les violences ;
  • le droit protectionnel ;
  • le droit des étrangers ;
  • les aides sociales ;
  • le droit du travail.

Par ailleurs, la majorité des demandes provenaient de Wallonie et de Bruxelles. Quelques sollicitations sont aussi venues de Flandre et de France.

Ainsi, le soutien juridique de Femmes de Droit confirme son utilité. Il répond à des situations concrètes, souvent urgentes, et parfois très lourdes émotionnellement.

Des informations juridiques pour mieux comprendre ses droits

En 2024, l’association a continué à développer ses contenus d’information juridique.

L’abécédaire s’est enrichi de nombreux articles. Ces textes expliquent des notions juridiques ou sociales complexes avec des mots clairs. Ils abordent notamment les violences sexuelles, les discriminations, les droits des victimes, la maternité, l’Europe, l’IVG ou encore les mouvements anti-genre.

En parallèle, le blog a permis de publier des réflexions féministes et des prises de position sur des sujets d’actualité.

Femmes de Droit a aussi publié plusieurs études importantes, dont :

  • une étude sur la prévention et la prise en charge des violences sexuelles chez les enfants ;
  • une étude sur les femmes et l’extrême droite ;
  • une étude sur le silence dans l’inceste.

Grâce à ces ressources, l’association poursuit un objectif central : permettre à chacune de mieux comprendre ses droits et les mécanismes qui produisent les injustices.

Le projet Prévenir et Protéger

L’année 2024 a aussi été marquée par la poursuite du projet Prévenir et Protéger, mené avec le GAMS Belgique.

Ce projet porte sur les violences sexuelles faites aux enfants et les mutilations génitales féminines. Il vise à améliorer la prévention, la détection et la prise en charge des violences.

Dans ce cadre, Femmes de Droit et le GAMS ont mené un important travail d’analyse, de recherche et de terrain. Elles ont croisé les connaissances scientifiques, les pratiques professionnelles et les témoignages de personnes concernées.

Ce travail a abouti à un rapport détaillé. Celui-ci propose des recommandations concrètes pour mieux protéger les enfants et mieux accompagner les victimes.

En décembre 2024, Femmes de Droit a également présenté ce travail lors d’un colloque du CERE consacré aux violences sexuelles faites aux enfants.

Des formations pour outiller les personnes concernées et les professionnel.le.s

Femmes de Droit a aussi renforcé son offre de formation.

En 2024, l’association a lancé le module Je comprends mes droits face aux violences sexuelles faites aux enfants. Cette formation propose des vidéos, des contenus théoriques et des activités pédagogiques. Elle aide les victimes, les proches et les professionnel.le.s à mieux comprendre les droits et les démarches possibles.

Le module a déjà enregistré 765 inscriptions, ce qui montre l’ampleur du besoin d’information.

L’association a également développé une formation sur les violences gynécologiques et obstétricales, en collaboration avec l’Université des Femmes. Cette action a combiné formation en ligne, ateliers en présentiel et journée d’étude.

Ces formations traduisent une conviction forte : l’information juridique peut devenir un outil d’empuissancement.

Des coalitions féministes pour transformer les pratiques

En 2024, Femmes de Droit s’est investie dans plusieurs coalitions.

Elle a notamment coordonné la coalition Feminists for Justice, consacrée au genre et à la justice. Cette coalition interroge la place du genre dans le système judiciaire, en particulier dans la justice pénale. Elle vise à analyser les inégalités, à questionner les réponses pénales et à proposer des pistes de transformation.

Femmes de Droit a aussi rejoint la Coalition Genre et Santé, qui travaille notamment sur les violences gynécologiques et obstétricales. Cette coalition souhaite développer un observatoire pour centraliser les données et soutenir le plaidoyer politique.

Enfin, l’association a participé à la coalition Women at Work, coordonnée par JUMP. Cette coalition porte sur l’égalité professionnelle, l’indépendance économique des femmes et la lutte contre les discriminations dans le monde du travail.

Grâce à ces collaborations, Femmes de Droit renforce son impact politique. Elle agit avec d’autres associations pour faire évoluer les pratiques, les institutions et les politiques publiques.

Une année riche en événements, formations et sensibilisation

Femmes de Droit a participé à de nombreux événements en 2024.

L’association a été présente lors de colloques, salons, ciné-débats, journées d’étude, formations et événements associatifs. Ces moments ont permis de renforcer les liens avec le terrain, de diffuser les outils de l’association et de faire connaître ses analyses.

Parmi les événements marquants, on peut citer :

  • le colloque du réseau des Services partenaires des Maisons de justice ;
  • le colloque international sur la pédagogie féministe émancipatrice ;
  • le Salon EVRAS ;
  • le Salon Namur’elles ;
  • plusieurs projections et débats autour des violences faites aux femmes ;
  • des formations sur l’extrême droite et le nouveau Code pénal sexuel ;
  • des journées d’étude sur les violences faites aux enfants.

Ainsi, Femmes de Droit a continué à faire vivre son expertise dans des espaces variés : juridiques, militants, associatifs, culturels et institutionnels.

Une visibilité numérique en progression, mais à consolider

Le site web de Femmes de Droit a confirmé son rôle central en 2024.

Il a atteint une moyenne de 6 204 visiteur.euse.s uniques par mois, dépassant l’objectif fixé à 6 000. Cette fréquentation montre l’importance du référencement naturel et des contenus juridiques accessibles.

Cependant, les réseaux sociaux ont connu des résultats contrastés. Certaines plateformes ont gagné des abonné.e.s, notamment Instagram, LinkedIn et Bluesky. En revanche, la portée globale et les interactions ont diminué.

Ce constat invite l’association à poursuivre son travail de communication, mais aussi à diversifier ses formats. Les vidéos courtes, les infographies, les témoignages, les webinaires et les contenus interactifs constituent des pistes importantes pour 2025.

Des défis internes et une volonté de mieux s’organiser

L’année 2024 a aussi été difficile sur le plan interne.

L’association a connu des tensions liées à l’arrivée de nouvelles employées, à la répartition des rôles et à la charge de travail. Plusieurs responsabilités ont reposé sur un nombre limité de personnes, ce qui a créé une surcharge importante.

Ces difficultés ont mis en lumière un besoin clair : mieux structurer l’organisation interne.

C’est pourquoi Femmes de Droit a décidé de travailler, en 2025, à la mise en place d’un système de management de qualité. L’objectif est de clarifier les rôles, les procédures, les responsabilités et les modes de communication.

Cette démarche vise à protéger les personnes qui font vivre l’association. Elle doit aussi garantir la continuité des missions.

Une gestion financière à l’équilibre

En 2024, Femmes de Droit a clôturé l’année avec un résultat positif de 17 244,23 €.

Les subsides restent la principale source de financement de l’association. Ils ont permis de soutenir les actions, les salaires et les projets. Cependant, cette dépendance confirme la nécessité de diversifier les revenus.

Les ventes de livres et de formations représentent une piste importante pour l’avenir. L’association souhaite donc renforcer cette source de financement en 2025.

Par ailleurs, les dépenses montrent que les salaires constituent le principal poste budgétaire. Cela reflète une réalité simple : le travail de Femmes de Droit repose avant tout sur des personnes, leurs compétences, leur temps et leur engagement.

Conclusion : une année dense, exigeante et structurante

Le rapport d’activités 2024 montre une association engagée, active et reconnue.

Femmes de Droit a soutenu de nombreuses bénéficiaires. Elle a produit des contenus juridiques utiles. De plus, elle a renforcé ses formations. Elle a participé à des coalitions ambitieuses. Et elle a aussi poursuivi son travail de plaidoyer pour les droits des femmes et des enfants.

Cependant, cette année a aussi montré les limites d’un modèle qui repose sur peu de personnes et beaucoup d’engagement.

Pour cette raison, 2024 apparaît comme une année charnière. Elle confirme l’utilité de Femmes de Droit. Elle montre aussi la nécessité de mieux structurer l’association pour tenir dans la durée.

Parce que rendre le droit accessible reste essentiel.
Parce que les violences faites aux femmes et aux enfants exigent des réponses fortes.
Et parce qu’une association féministe a aussi besoin de prendre soin de celles qui la font vivre.

Rejoignez-nous pour amplifier ces voix et ces actions !

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