Accouchement voie basse ou vaginal
La définition de l’accouchement par voie basse
Un accouchement par voie basse est aussi appelé accouchement vaginal. Il s’agit d’un accouchement lors duquel le ou les bébés sort.ent par le vagin de la mère.
En Belgique, il s’agit du mode d’accouchement le plus fréquent. Il peut se dérouler de manière spontanée ou avec certaines interventions médicales. On peut penser, par exemple, à une péridurale, une surveillance du rythme cardiaque du bébé, une perfusion, une rupture artificielle de la poche des eaux ou, dans certains cas, une aide instrumentale.
Ces interventions peuvent s’avérer utiles ou nécessaires. Mais, il ne faut cependant pas les réaliser de manière automatique, sans explication ni consentement.
La femme qui accouche reste actrice de son accouchement
Accoucher dans une structure médicale, c’est une forme de prise en charge du processus par une équipe médicale. Mais, cela va bien au-delà de ça.
C’est un événement corporel, intime, médical, émotionnel et parfois familial. La femme qui accouche doit donc rester au centre des décisions qui concernent son corps et son bébé.
De manière concrète, elle a le droit de recevoir une information claire. Elle a aussi le droit de poser des questions. Cela va de soi, elle a le droit de comprendre pourquoi on lui propose tel ou tel geste. Et dans le même ordre d’idées, elle a aussi le droit de connaître les alternatives possibles, lorsque celles-ci existent.
La sécurité médicale reste évidemment essentielle. Mais on ne peut pas l’utiliser pour effacer la parole de la femme qui accouche.
Une voie basse est-elle possible après une césarienne ?
On entend encore parfois qu’après une césarienne, il faudrait nécessairement accoucher par césarienne lors d’une grossesse suivante.
Pourtant, c’est faux.
Dans de nombreuses situations, une voie basse est possible après une césarienne. On parle alors d’AVAC, c’est-à-dire d’accouchement vaginal après césarienne.
Cette possibilité dépend de plusieurs éléments. Pensons, notamment, à la raison de la première césarienne, au type de cicatrice utérine, au déroulement de la grossesse, à la position du bébé, à l’état de santé de la mère et à l’organisation de la maternité.
L’AVAC n’est donc pas toujours possible. Mais il ne doit pas non plus être exclu automatiquement.
La femme concernée a le droit de demander une information complète sur les différentes options : tenter une voie basse, prévoir une nouvelle césarienne, comprendre les risques, les bénéfices et les conditions de sécurité.
Une voie basse peut aussi être possible lorsque le bébé se présente par siège
Lorsque le bébé se présente par siège, c’est-à-dire avec les fesses ou les pieds en premier, on propose souvent une césarienne.
Mais, là encore, la césarienne n’est pas toujours la seule possibilité.
Dans certaines situations, on peut envisager un accouchement par voie basse. Cela dépend notamment de la position exacte du bébé, de son poids estimé, du terme de la grossesse, du bassin de la mère, de l’expérience de l’équipe médicale et des pratiques de la maternité.
La présentation par siège doit donc donner lieu à une discussion individualisée. Elle ne devrait pas mener automatiquement à une décision imposée.
Le consentement reste obligatoire
La grossesse et l’accouchement ne suspendent pas les droits fondamentaux.
La femme qui accouche conserve le droit de consentir aux gestes médicaux proposés. Elle conserve aussi le droit de refuser un geste, sauf situation d’urgence vitale particulière.
Cela signifie que les soignant.es doivent expliquer ce qu’ils ou elles proposent, pourquoi ils ou elles le proposent, quels sont les risques, quels sont les bénéfices et quelles sont les alternatives possibles.
Le consentement ne consiste pas à dire “on va faire ça” à une personne qui n’a pas vraiment le choix. Au contraire, il suppose une information comprise et un accord libre.
On ne devrait jamais culpabiliser la femme qui accouche, ni la menacer ou l’infantiliser. On a encore moins le droit de lui mettre la pression.
Ne pas confondre sécurité et dépossession
Il ne s’agit évidemment pas d’opposer la voie basse et la césarienne.
Une césarienne peut être nécessaire. Elle peut sauver des vies. La mère peut aussi la souhaiter. Dans ce cas, elle doit être respectée.
En effet, le problème n’est pas la césarienne en soi. Le problème apparaît lorsque la décision est imposée, mal expliquée ou présentée comme la seule option alors que d’autres possibilités pourraient être discutées.
À l’inverse, il ne faut pas non plus idéaliser la voie basse. Une femme ne devrait pas être poussée à accoucher par voie basse au nom d’une vision romantique ou culpabilisante de la maternité.
Le bon accouchement n’est pas celui qui correspond à une norme. C’est celui qui respecte la santé, la sécurité, la dignité, le consentement et le vécu de la femme qui accouche.
Que faire si l’information reçue ne vous convient pas ?
Si vous souhaitez accoucher par voie basse après une césarienne, si votre bébé se présente par siège, ou si vous avez simplement des questions sur les options possibles, vous pouvez en parler avec votre sage-femme, votre gynécologue ou l’équipe de la maternité.
Vous pouvez notamment demander :
Est-ce qu’une voie basse est possible dans ma situation ?
Quels sont les risques ?
Quels sont les bénéfices ?
Quelles sont les alternatives ?
Quelles sont les pratiques habituelles de cette maternité ?
L’équipe accompagne-t-elle les AVAC ?
L’équipe accompagne-t-elle les accouchements par voie basse en cas de siège ?
Que se passera-t-il si une césarienne devient nécessaire ?
Si l’information donnée est floue, trop catégorique, culpabilisante ou méprisante, vous avez le droit de demander un deuxième avis.
Vous avez aussi le droit de changer de soignant.e ou de maternité lorsque cela est possible.
Votre accouchement concerne votre corps, votre santé, votre bébé et votre histoire. Vous avez le droit d’être informée, respectée et accompagnée.
Références juridiques
Pour la version PDF, cliquez ici : 2026.06.08_Accouchement par voie basse