Féminicide

féminicide

Le féminicide est le meurtre d’une ou plusieurs femmes ou filles en raison de leur condition féminine. Il s’agit donc de l’une des violences faites aux femmes.

La prévalence des féminicides

Malheureusement, ce genre de fait est souvent relayé comme « faits divers » dans les journaux. Ces faits ne sont pourtant pas si divers que ça. En effet, en France, une femme meurt tous les trois jours sous les coups de son conjoint. Ces meurtres sont perpétrés avec une volonté de tuer les victimes dans 90 % des cas. Cela signifie que moins de 10 % des cas sont dus à de la maltraitance qui « tourne mal ». (Evidemment, cela n’est pas plus excusable, entendons-nous). En France, toujours, un féminicide sur deux est le fait d’un membre de la famille de la victime.

En Belgique, on estime qu’une femme meurt tous les sept à dix jours sous les coups de son (ex-)compagnon.

Ces chiffres glaçants montrent le travail énorme à faire sur l’image des femmes. Ils démontrent également les droits que les hommes pensent avoir sur elles. En effet, l’immense majorité de ces meurtres sont commis par des hommes, toutes catégories socio-professionnelles confondues.

Le recensement des féminicides

Un blog recense tous les féminicides commis en Belgique et médiatisés.

L’asbl Mémoire traumatique et victimologie, en France, a édité une fiche. Dans cette fiche, elle reprend les questions indispensables à poser pour évaluer le risque de féminicide. Ce document vise à prévenir les féminicides. Pour ce faire, elle aide les professionnel.le.s à repérer les femmes victimes de violence.

Que faire pour lutter contre ces violences ?

D’un point de vue juridique, il est grand temps que ce crime spécifique entre dans le Code pénal. Effectivement, il s’agit d’un crime caractéristique dont les circonstances devraient être considérées comme aggravantes. Cependant, la récente réforme (qui entre en vigueur en septembre 2026) n’a pas pris ce chemin. En effet, le texte se contente de pointer le meurtre intrafamilial. Or, cela nous semble très problématique. Car, ce faisant, le Code pénal agit comme s’il n’y avait pas de dimension genrée à ces violences

Evidemment, introduire cette notion dans le Code pénal ne serait pas suffisant. Il faudrait également que des politiques de grande ampleur soit menée afin de sensibiliser le public à la problématique. Il faudraitt, en outre, prendre des mesures de prévention pour éviter les passages à l’acte. Enfin, il faut former les professionnel.le.s en contact avec les (potentielles) victimes.

Car, la meilleure façon de prendre en charge les violences consiste à faire qu’elles n’arrivent pas.

Miriam Ben Jattou

Références juridiques

  • ancien Code pénal : art. 392 à 420 – Homicide
  • Code pénal : art. 96 et suiv., dont meurtre (art. 96) ; assassinat (art. 97) ; meurtre commis avec un mobile discriminatoire (art. 99) ; meurtre intrafamilial (art. 101) ; incitation au suicide (art. 109 et 110).
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